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Racontez vos chiffres grâce au datastorytelling

Vous vous souvenez de la dernière présentation powerpoint que vous avez présentée ? Combien de chiffres et de graphiques y avez-vous intégré ? Et quelle proportion de ces données pensez-vous que votre auditoire a retenu ? Un indice : pas beaucoup. Comment partager des données parfois complexes et arides d’une façon compréhensible, impactante et mémorable ? En racontant une histoire. C’est ce qu’on appelle le “Data Storytelling”. Prenez exemple sur Elon Musk.

Le chiffre du jour : 22

Je suis une littéraire. Je n’ai jamais été très copine avec les chiffres. Et trouver des chiffres qui appuyent la plus value du storytelling n’est pas chose aisée. Alors je suis contente que Jenifer Aaken – Professeur de Marketing à Stanford, auteur et experte en sociopsychologie – l’ait fait :

Et elle ajoute :

“Les études montrent que notre cerveau est conçu pour retenir les histoires bien mieux que les faits, chiffres et données. Mais lorsque les deux sont combinés, alors l’audience est stimulée à la fois intellectuellement et émotionnellement.”

Alors, vous pensez qu’il est impossible de rendre vos statistiques digestes et interpelantes ?

Utilisez le datastorytelling comme Elon Musk

Je vous invite à regarder la présentation d’Elon Musk (attention, elle est en anglais) lors de l’introduction du Tesla Powerwall, où il partage sa vision d’un monde 100% propulsé par l’énergie solaire.

Je vous explique juste après ce qui en fait un cas d’école en termes de présentation efficace.

1. Elon a une vision

Le CEO de Tesla vient avec une idée forte : produire toute l’énergie dont le monde a besoin uniquement grâce à l’énergie solaire. C’est une grande idée, plus grande que l’homme lui-même ou que son entreprise. Et même s’il est conscient que ça ne se fera pas du jour au lendemain, ni à la force de sa seule volonté, c’est une idée qui a de quoi inspirer.

Alors, la prochaine fois que vous préparez une présentation, demandez-vous d’abord :

  • Quelle est la grande idée que je veux faire passer ?

  • Est-ce que cette idée dépasse mon intérêt personnel ?

  • Va-t-elle intéresser mon audience ?

2. Elon connaît les objections

Il sait d’avance ce que les gens vont penser lorsqu’il va annoncer sa grande idée… “C’est une utopie”. Alors il s’est attelé à trouver des chiffres qui démontrent que c’est POSSIBLE.

Demandez-vous :

  • Que veulent dire mes chiffres ?

  • En quoi appuyent-ils mon idée ?

3. Elon est concret

Que ce serait-il passé s’il avait simplement marqué en gros sur ses slides le nombre d’usines de production d’électricité, puis le nombre de panneaux solaires qu’il aurait suffit pour les remplacer ? Ces chiffres sont tellement énormes que personne n’est en mesure de se les représenter. Alors il a utilisé une échelle très concrète : la superficie des Etats-Unis (sachant que son public était américain).

Avouez que la comparaison entre la carte constellée d’usines et son petit carré bleu qui représente la surface de panneaux solaires (qui seront pour la plupart sur des toîts, ajoute-t-il, tout en démolissant une autre objection possible) fait de l’effet, sans parler de son pixel bleu représentant les batteries nécessaires.

Cette comparaison rend l’impossible possible.

Un autre bel exemple en la matière, c’est la façon dont Art Silverman (1) – qui travaillait pour un organisme de sensibilisation à la nutrition – a réussi à changer la façon dont le pop corn vendu dans les cinémas était produit. Pour inciter les américains à faire l’impasse sur le pop corn au cinéma, il leur a montré qu’un paquet de pop corn standard comptait autant de graisse boucheuse d’artères qu’un petit déjeuner composé d’oeufs et de lard, qu’un Big Mac avec des frites à midi, et qu’un steak et ses accompagnements pour le dîner. Combinés !

Demandez-vous :

  • Comment puis-je représenter mes chiffres de façon concrète et compréhensible ?

  • Quelle comparaison ou métaphore puis-je utiliser ?

4. Elon est visuel

Avez-vous vu des bullet points sur ses slides ? Non. Un grande image qui représente la fumée produite par les usines, un grand soleil, quelques graphiques bien pensés. C’est lui, le porteur du message. Ses slides ne sont qu’un support visuel qui souligne, appuye et représente les idées qu’il énonce.

Demandez-vous :

  • Est-ce que chaque slide est nécessaire et supporte ma grande idée ?

  • Le texte est-il vraiment nécessaire (pour souligner une idée) ou est-ce que je l’utilise plutôt comme aide-mémoire ?

5. Elon parle notre langage

C’est pourtant quelqu’un de brillant. Je suis sûre qu’il connaît tous les termes techniques et les acronymes liés au photovoltaïque. Pourtant, il n’a pas parlé de “contrôle du signal par modulation de largeur d’impulsion” ou de “heterojonction”. Pour parler de “période de non ensoleillement probable”, il dit simplement “le soleil ne brille pas la nuit”.

Demandez-vous :

  • Est-ce que j’utilise du jargon technique ?

  • Comment puis-je le remplacer par des mots simples ?

  • Est-ce que quelqu’un qui n’est pas du milieu et n’a pas mes connaissances peut comprendre ce que je dis ?

Jetez vos templates à la poubelle

Maintenant que vous avez compris comment rendre vos présentations plus vivantes, laissez tomber les templates que le département communication veut de vous imposer. Choisissez une idée par slide, et un visuel pour l’exprimer. Le contenu, c’est vous qui le délivrez.

Et si vous avez besoin d’aide, discutons-en autour d’un café : il vous suffit de prendre rendez-vous ici.

 

(1) Cette référence provient du livre “Made To Stick“, ou “Ces idées qui collent” en français, des frères Heath, que je recommande chaudement (lien affilié, donc si vous l’achetez en cliquant dessus, je pourrais gagner quelques centimes)

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